La vie bédouine:

La vie bédouine:

Sur les traces de leurs ancêtres, les bédouins nomades du Wadi Rum ont depuis des temps immémoriaux calqué leur vie sur le rythme et les caprices du désert, pratiquant la transhumance comme un moyen de subsistance durable. Ils écumaient le désert à la recherche d’eau et de nourriture pour leurs larges troupeaux de chèvres, moutons & chameaux.

Ces ressources ont de tout temps été limitées & intermittentes, cet environnement hostile impliquant des déplacements réguliers, dictés par le cours inexorable des saisons.Pour reprendre les mots des bédouins « la vie d’avant était simple, mais souvent difficile ».

Tout ceci a commencé à changer dans les années 50 où le climat de la région s’est considérablement asséché. Avec la raréfaction des précipitations, c’est tout l’écosystème –par nature déjà fragile- de notre isthme Est qui s’est trouvé impacté. L’empreinte du cercle vicieux qui s’est alors mis en place est encore sensible aujourd’hui, la vallée souffrant toujours d’une aridité chronique.

La transformation progressive du mode de vie des bédouins, passé de pâtres nomades à une vie sédentaire, jusqu’à devenir participants impliqués de l’économie touristique reflète les aptitudes intrinsèques de ce peuple à l’adaptation à cet environnement en perpétuel changement qu’est le désert.

Connus pour leur hospitalité, les bédouins offrent aujourd’hui à leurs visiteurs une expérience unique basée sur un mode de vie traditionnellement lié à un patrimoine exceptionnel. Un mélange d’ancien et de nouveau qui fait du Parc de Wadi Rum une destination si particulière.

A propos des Bédouins : Les mots d’Ali

« Avant que les touristes ne viennent… avec mes mots, mes souvenirs et la mémoire transmis par mes ancêtres… »

Avant l’arrivée des touristes, les bédouins ne savaient rien du reste du monde, et vivaient toute leur vie dans notre désert. Il n’y avait pas de village, seulement des tentes que nous bougions au grès de nos besoins, ou plus exactement ceux de nos bêtes : moutons, chèvres, chameaux et parfois quelques mûles.

Il n’y avait pas de frontières ; Nous n’étions ni Jordaniens ni Saoudiens, nous étions tous Bédouins. Ainsi pouvions nous voyager sur de longues distances, sans bornes officiellesni soucis administratifs, commerçants avec tous au long de nos trajets.

En ce temps là, il y avait plus de pluie et moins de gens. Nous aménagions des canaux dans les canyons afin de récupérer l’eau, et habitions des endroits différents à chaque saison… C’était aussi avant les voitures, et nous nous déplacions longuement à dos de chameaux ou à pieds.

C’était une vie dure, mais une bonne vie !

Moins de gens, plus de précipitations, seulement des bédouins et un peu plus de gibier : lapins, orynx, chèvres sauvages… et on pouvait alors assez facilement chasser pour se nourrir… mais il y avait aussi plus de loups et des hyènes à cette époque !

Les loups n’étaient pas dangereux car ils avaient peur des bédouins, mais la hyène était redoutée. Si elle vous surprenait endormi, elle creusait rapidement et silencieusement un trou juste sous de vous puis tentait de vous manger.

Les anciens jouaient un rôle important : assistant les naissances et divulgant leurs recettes médicinales aux malades. On utilisait alors beaucoup les pierres chauffées dans le feu, que l’on appliquait sur les zones endolories ou à la source soupçonnée du mal que l’on ne parvenait pas à guérir  grâce aux onguents.

On célébrait les naissances, en tuant un mouton s’il s’agissait d’un garçon, et en se rassemblant plus simplement pour l’arrivée d’une fille…

Quand des jeunes se mariaient, tous les bédouins des environs se rassemblaient, prévenus par bouche à oreille, et c’était l’occasion pour tous de se voir, de jouer de la musique et de faire la fête. Les festivités duraient alors une semaine. Les gens venaient alors de loin, et chacun ramenait quelque chose  (nourriture, café, thé, instrument de musique…) et participait aux noces. Le soir venu, les hommes se mettaient en ligne et commençaient la danse en chantant et en tapant des mains, alors que les femmes se mettaient à danser en face d’eux.

A cette époque là, il n’y avait ni gouvernement ni police, ni lois. Il y avait cependant des règles. Si quelqu’un faisait quelque chose de mal, comme voler un mouton par exemple, les deux parties étaient invitées à voir un « ancien » qui les aidaient à résoudre leur problème. La personne soupçonnée devait être invitée trois fois, et si elle ne venait pas, alors la victime pouvait librement faire ce qu’elle voulait, en rétorsion…

Aujourd’hui, les bédouins ont changé : très peu vivent tout le temps dans le désert. Principalement du fait du manque de pluie qui empêche les plantes de pousser, ils sont tous au village, où l’eau arrive par une canalisation, et où les enfants doivent aller à l’école. Ils ont des voitures, des téléphones portables…

Même si quelques bédouins utilisent encore leurs chameaux pour leur lait ou pour réaliser des courses, nous les conservons plus pour les besoins touristiques, et nous devons les nourrir en achetant de la nourriture. Quant à nos troupeaux, nous conservons nos bêtes pour notre usage personnel et recevoir nos invités.

Nous vivons désormais dans des maisons, même si nous conservons souvent une tente de bédouin dans notre jardin.

Bref, la vie a changé et les gens ont changé : nous restons au village et travaillons avec les touristes. C’est une bonne vie aussi ! Vous verrez peut-être si vous nous rendez visite!